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Ergen Ege – Counsel chez August Debouzy en financement de projets : « Un bon avocat n’est pas seulement un contractualiste mais avant tout un partenaire pour ses clients »

Ergen Ege, avocat counsel chez August Debouzy, revient sur un parcours façonné par la curiosité intellectuelle, l’ouverture internationale et un goût prononcé pour les projets à haute intensité stratégique. Conseillant États et investisseurs sur des projets d’infrastructure et de matières premières, notamment en Afrique, il incarne une pratique exigeante et stimulante du droit.


Rien ne prédestinait Ergen Ege à devenir avocat. Né à Istanbul, il envisageait initialement une carrière dans la fonction publique internationale. C’est en arrivant à Paris après le bac, à la Sorbonne, qu’il découvre le droit avec un intérêt croissant pour les enjeux transnationaux. Il rejoint le master DANAA alors dirigé par Horatia Muir Watt, envisage un temps une thèse, puis opte finalement pour le barreau. « Je voulais faire de l’arbitrage, mais j’ai compris que je trouverai plus d’autonomie dans le financement de projets. » S’il songe un moment à effectuer un LLM en Écosse, attiré par la spécialisation en droit maritime et pétrolier, il choisit finalement de gagner en expérience pratique. Il enchaîne les stages chez Simmons & Simmons, Orrick, puis Linklaters, convaincu que « la plus-value du LLM réside surtout dans la maîtrise de l’anglais, en partie déjà acquise avec le master DANAA ».

 

Aujourd’hui, Ergen conseille des États et des investisseurs pour des projets en France et en Afrique. « C’est une pratique contractuelle, mais qui peut déboucher sur de l’arbitrage. On anticipe beaucoup, on structure des contrats dans des contextes incertains, avec parfois une grande instabilité géopolitique. » Il se définit comme un « contractualiste », façonnant des accords là où les aléas sont nombreux. Sa connaissance fine du droit des obligations lui permet d’apporter des solutions concrètes dans des environnements incertains. « Il faut inclure dans les contrats des réponses aux risques, même ceux qui ne se posent pas encore.».

 

La curiosité intellectuelle est, selon lui, la qualité première d’un bon avocat. « Il faut lire énormément, suivre l’actualité géopolitique, comprendre les conflits, les marchés, les influences. » Le droit ne se limite pas à la technique, il s’inscrit dans un monde mouvant. Cette exigence se double d’une disponibilité sans faille. « Une fois, parti pour trois jours de négociation en Afrique, j’y suis resté trente-trois jours. Il faut accepter que certains projets prennent beaucoup de place pendant un temps. »

 

Au quotidien, sa pratique est marquée par une forte autonomie. En tant que counsel, il gère en direct les dossiers, encadre une équipe et agit en lien étroit avec les associés. « C’est une position charnière, avant l’association. » L’idée de créer son propre cabinet ne l’a jamais véritablement effleuré. « Ce serait incompatible avec ma pratique. On conseille des multinationales, sur des projets lourds, dans des environnements complexes. Cela requiert les ressources d’une grande structure. »

 

Mais il souligne combien il est crucial de se rendre visible : « publier, participer à des conférences, entretenir son réseau. Chaque collègue ou ancien camarade peut devenir un partenaire potentiel. L’image qu’on renvoie compte beaucoup. » Il insiste aussi sur l’importance de trouver un bon mentor. « J’ai été formé pendant dix ans par une mentor exceptionnelle. Cela m’a permis d’apprendre à surmonter les difficultés, à organiser ma pratique et ma vie personnelle. »

 

Ce qu’il préfère dans sa pratique ? « Quand une question ne se pose pas encore, mais qu’il faut l’anticiper contractuellement. Cela exige de penser au-delà du présent. » Il se souvient avec fierté d’un dossier pour un gouvernement d’Afrique centrale : « J’ai rédigé une loi sectorielle en matière d’électricité, puis j’ai formé les fonctionnaires à la négociation. C’était une manière de retrouver mon goût initial pour le droit international public. » Encore une fois, l’actualité est au cœur de sa pratique. « La souveraineté énergétique, les matières premières, les transitions industrielles : tout cela structure nos dossiers. Une fois, alors que je m’apprêtais à prendre l’avion pour négocier un contrat, un coup d’État a éclaté dans le pays concerné. »

 

Pour lui, être avocat, c’est être à la fois juriste, stratège et partenaire. « Ce n’est pas un sprint. Il faut trouver son équilibre, garder du temps pour soi, pour les autres. Mais on ne s’ennuie jamais. »

 

Article co-rédigé par Luis Leclerc et Maud Poirel

 
 
 

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© Master 2 Droit Anglais & Nord Américain des Affaires / Université Paris I Panthéon-Sorbonne

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